Antoine Kombouaré : « Certains ont parfois réduit mon travail à celui d’un pompier de service… »

Afficher les titres Masquer les titres

Nouvel entraîneur du Paris FC, Antoine Kombouaré revient aux affaires avec pour mission de maintenir le club francilien en Ligue 1. Un nouveau défi pour l’ancien coach du PSG, qui refuse l’étiquette de « pompier service », comme il l’a expliqué au micro de Faris Rouas, dans l’émission « 100% Foot Farid & Co ».

Qui est vraiment Antoine Kombouaré ?
J’ai d’abord mené une carrière de footballeur professionnel. À son terme, j’ai décidé de poursuivre dans ce milieu en devenant entraîneur. J’ai commencé par la formation au Paris Saint-Germain pendant quatre ans, en tant que formateur, avant de tenter l’aventure en Ligue 1. J’ai débuté à Strasbourg et, depuis plus de vingt ans désormais, j’exerce ce métier d’entraîneur professionnel. C’est un métier fantastique, qui m’a permis de transformer une passion en profession. Je suis un homme heureux, passionné par mon travail.

Si l’on vous définit comme un meneur d’hommes, Antoine, est-ce un peu réducteur ?
Oui, je pense que c’est réducteur. Bien sûr, je suis un meneur d’hommes, mais je suis entraîneur professionnel depuis 2003, ce qui représente plus de vingt ans au plus haut niveau. Je suis également un technicien, avec la volonté de faire bien jouer mes équipes. J’apprécie le jeu offensif. Si je dure dans le temps, c’est grâce à la régularité de mon travail et au fait que des clubs continuent de me faire confiance. J’aime aussi la dimension humaine de ce métier. J’ai du tempérament et j’apprécie les équipes qui ont du caractère et de la personnalité. Mais il est vrai que me définir uniquement comme un meneur d’hommes reste, selon moi, incomplet.

Est-ce que vous fonctionnez seul par manque de confiance ?
Non, pas du tout. Je dis cela parce que certains ont parfois réduit mon travail à celui d’un entraîneur de circonstances, un « pompier de service ». Je laisse chacun libre de ses opinions. Ce qui compte, c’est que je continue à travailler et que des clubs me sollicitent. Je suis heureux dans ce que je fais. J’aime proposer un football offensif et relever des défis, souvent avec des équipes disposant de moyens limités, où nous avons su obtenir des résultats intéressants. J’ai aussi connu le très haut niveau avec le Paris Saint-Germain pendant deux ans et demi, avec des participations aux compétitions européennes. Lorsque j’ai quitté le club, nous étions premiers du championnat. L’essentiel est de continuer à avancer et à gagner.

« Je n’ai jamais engagé de procédure aux prud’hommes »

N’avez-vous pas ressenti d’amertume d’être parti si tôt, à l’ère qatarie ?
Non, aucune. J’ai toujours compris le fonctionnement de ce milieu. Je remercie les clubs qui me font confiance. Mon objectif est de réussir le plus longtemps possible, et lorsque l’aventure s’arrête, je me projette vers la suivante. En 21 ans de carrière d’entraîneur, je n’ai jamais engagé de procédure aux prud’hommes. Nous nous serrons la main, nous réglons les modalités, et chacun poursuit sa route. C’est ainsi que je conçois les choses.

Quelle est la méthode Antoine Kombouaré. Avez-vous des principes de jeu bien définis ?
Il faut d’abord s’adapter aux joueurs dont on dispose. Mon système préféré est le 4-4-2, mais je peux évoluer en 4-3-3 ou en 5-3-2 selon les situations. Mes principes restent les mêmes : construire une équipe solide, avec des bases défensives solides, tout en proposant un jeu attractif pour les supporters. Bien que j’aie été défenseur, j’aime aujourd’hui voir mes équipes marquer des buts, avec un jeu offensif, de la verticalité et la capacité à se projeter rapidement vers l’avant. Lors de notre victoire en Coupe de France avec Nantes, nous avions des joueurs capables d’exploiter les espaces rapidement, ce qui rendait notre jeu efficace et agréable.

En vous écoutant, je pense à Didier Deschamps. Vous partagez cette culture nantaise : solidité défensive et projection rapide vers l’avant ?
Le jeu à la nantaise reposait sur des joueurs formés ensemble, qui avaient développé des automatismes. Aujourd’hui, c’est plus difficile, car les effectifs changent beaucoup plus rapidement. Mais l’idée principale restait la même : être solide défensivement et se projeter rapidement vers l’avant, avec efficacité.

« Je ne pensais même pas réussir…»


Didier Deschamps est souvent décrit comme pragmatique…
Oui, et les résultats lui donnent raison. Même avec de grands joueurs, l’essentiel reste l’efficacité. Toutes les grandes équipes reposent d’abord sur une base défensive solide, ce qui permet ensuite de construire le jeu offensif.

Le football était-il une bouffée d’oxygène pour vous ?
Oui. Cela m’a permis de découvrir un nouveau monde et de côtoyer de grands joueurs. Je ne pensais même pas réussir : je voulais simplement vivre cette expérience et prendre du plaisir.

Avec votre caractère affirmé, comment se sont passées vos relations avec des présidents comme Kita ou Al-Khelaïfi ?
Ce sont des personnalités fortes, mais le respect a toujours été présent. Même lorsque les collaborations se terminent, chacun poursuit son chemin. Le fait que certains présidents soient revenus me chercher montre que les relations sont restées positives.


Partagez cet article maintenant !