Équipe de France : Luis Fernandez réclame… Zaïre-Emery !

Légende du football français, Luis Fernandez suit de très près cette Coupe du Monde 2026 et les performances de l’équipe de France. Un collectif dans lequel l’ancien milieu de terrain aimerait voir le titi parisien, Warren Zaïre-Emery, dans le cœur du jeu. Il est interrogé par Farid Rouas.

L’équipe de France doit-elle s’appuyer sur Ousmane Dembélé dans un rôle très libre, à l’intérieur du jeu ?
Oui, je pense qu’il faut que Didier Deschamps, qui a déjà fait un travail remarquable, puisse trouver la meilleure animation possible. Dembélé peut être aussi efficace à droite, dans l’axe ou à gauche. Il faut trouver le bon placement, la bonne communication entre les uns et les autres, et le bon équilibre pour être le plus performant possible. Après ses blessures, Dembelé revient à son meilleur niveau. Il y a beaucoup de qualité dans cette équipe, avec des joueurs comme Olise, Mbappé, Doué ou Barcola.

Cette équipe de France peut-elle se permettre de jouer une grande compétition avec plusieurs joueurs à vocation offensive ?
Pourquoi pas ? Le Paris Saint Germain a remporté deux fois la Ligue des Champions en mettant trois joueurs à vocation offensive et des milieux de terrain qui savaient se projeter. Le plus important, c’est l’attitude, le comportement et la volonté. Il faut que tout le monde fasse les efforts, avec le ballon comme sans le ballon. Quand on a une telle qualité offensive, on doit aussi penser au repli défensif et au pressing pour déstabiliser l’adversaire. C’est une question d’état d’esprit collectif.

Entre Barcola et Doué, lequel vous semble aujourd’hui le plus prêt pour un rôle majeur en Coupe du monde ?
Cela dépend de l’animation que le sélectionneur veut mettre en place. Si on joue avec un 4-4-2 ou un 4-2-4, Doué peut être très intéressant face à des blocs bas, grâce à sa qualité d’élimination et de pénétration. Barcola, lui, est plus efficace dans les transitions, quand il y a des espaces. Ce sont deux très bons joueurs, mais avec des profils différents.

« Je ressemble un peu à Rabiot ou Tchouaméni »

Auriez-vous aimé voir Warren Zaïre-Emery davantage utilisé en match de préparation, y compris à droite ?
Oui, j’aurais bien aimé le voir, même à ce poste de latéral droit. C’est un garçon très intelligent, qui a déjà montré qu’il pouvait jouer à plusieurs endroits. Quand on le met dans le cœur du jeu, il a aussi une vraie activité, avec une belle complémentarité avec d’autres milieux comme João Neves. C’est un joueur très intéressant, et il n’a que 20 ans.

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Quel joueur de cette génération vous ressemble le plus ?
Je dirais un peu Rabiot ou Tchouaméni. Moi, je jouais un peu dans ce rôle de sentinelle, devant la défense, dans la récupération, le bon placement et la relance simple. J’ai toujours essayé d’être le plus simple possible, le plus efficace possible. C’est un poste qui demande de l’intelligence et de la rigueur.

Le match France-Sénégal vous inquiète-t-il ?
Oui, parce que dans un groupe comme celui-là, il ne faut sous-estimer personne. Il y a le Sénégal, la Norvège avec Haaland et d’autres jeunes qui montent mais aussi l’Irak, et ce serait une erreur de penser qu’il s’agit d’un adversaire plus abordable. Quand on veut aller loin dans une Coupe du monde, il faut être fort à chaque match, avec le bon état d’esprit, beaucoup de sérieux et de concentration.

L’équipe de France s’éloigne-t-elle trop de l’identité tactique habituelle de Didier Deschamps ?
Didier ne peut pas se passer de ses garçons quand il a un potentiel offensif aussi fort. Il y a beaucoup de qualité au milieu et derrière aussi, avec les Hernandez, Upamecano, Saliba ou Koundé. C’est à lui de choisir l’animation la plus adaptée. C’est sa dernière compétition avec l’équipe de France, et il faut aussi saluer tout ce qu’il a accompli. Il a déjà été champion du monde et finaliste, et il a marqué cette sélection.

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Vous souvenez-vous encore de votre penalty inscrit au Mexique en 1986 ?
Oui, bien sûr. C’était en 1986, il y a 40 ans, et ce match reste un grand souvenir. Je me souviens aussi d’un autre but contre la Russie, mais on me parle surtout de ce penalty face au Brésil. Le contexte était exceptionnel, avec un stade plein, une belle ambiance, beaucoup de Brésiliens dans les tribunes, mais aussi des Français. Et il y avait surtout des conditions climatiques abominables. Ce match m’a marqué, d’autant plus qu’on affrontait un grand Brésil, celui que j’avais découvert en 1970 avec Pelé. J’ai toujours eu beaucoup de reconnaissance pour cette génération et pour les sélectionneurs qui nous ont accompagnés, comme Michel Hidalgo ou Henri Michel.


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