« Il faut que Christophe Galtier revienne à Marseille »

Afficher les titres Masquer les titres

Ancien espoir du football français, Lynel Kitambala a connu une carrière très riche en passant notamment par Auxerre et l’ASSE. Aujourd’hui retiré des terrains, il garde un œil attentif sur l’actualité des Verts. Il répond aux questions de Farid Rouas dans l’émission « 100% Foot Farid & Co ».

En regardant ce barrage entre l’AS Saint-Etienne et Nice, tu revis un peu cette pression particulière liée à Saint-Etienne ?
C’est une bonne pression parce qu’il faut ce type de pression pour faire de grands matchs. Mais ce n’est pas uniquement positif, car il y a aussi cette peur d’échouer. Le souhait de tous les supporters et des joueurs, c’est de voir Saint-Etienne retrouver l’élite. Il faut aussi rappeler que Nice est installé dans l’élite depuis longtemps et connaît également cette pression. Mais si on fait les comptes, Nice a peut-être plus à perdre aujourd’hui que Saint-Etienne. Ce sont donc des matchs fermés, où les équipes s’observent beaucoup.

L’enjeu prend-il le dessus sur le jeu ?
Exactement. En tant qu’ancien joueur stéphanois, je souhaite évidemment voir l’ASSE l’emporter sur les deux matchs. Ce club mérite sa place dans l’élite depuis toujours. Ce n’est pas un manque de respect envers Nice, qui est aussi un très beau club. J’ai même failli y signer avant de rejoindre Lorient. Nice, c’est une belle ville, un beau club, avec des supporters actifs. Mais forcément, j’ai une affection particulière pour Saint-Etienne.

Tu n’as joué que 17 matchs avec l’ASSE. As-tu parfois le sentiment de ne pas avoir eu ta chance ?
Le passage a été court, c’est vrai. Avec le recul, je pense que mon arrivée ne s’est pas faite dans les meilleures conditions. Mentalement, l’énergie n’était pas totalement là. Mais je n’ai aucun regret. J’ai fait ce que j’avais à faire à Saint-Etienne. Mon seul petit regret, c’est de ne pas avoir eu une vraie association avec Aubameyang. Une fois, je suis entré quelques minutes, je lui fais une passe décisive… Je pense que ça aurait pu fonctionner. Mais les choix ont été différents. Réussir à Saint-Etienne me tenait à cœur parce que c’est un immense club. J’avais conscience de mettre les pieds dans un grand club français. Y laisser une empreinte aurait été quelque chose de fort.

ActualitésPSG : Vitinha prévient Arsenal, ça va chauffer !

Christophe Galtier t’a longtemps soutenu. Pourquoi cela n’a-t-il jamais vraiment fonctionné ?
En même temps, c’est l’année où Aubameyang explose. Il y avait aussi beaucoup de concurrence avec Brandao, Sinama-Pongolle… Les choix étaient compliqués. J’étais un joueur polyvalent, capable d’évoluer à plusieurs postes. Peut-être qu’à l’époque, j’aurais dû me fixer davantage à un poste précis. J’avais beaucoup d’ego, j’étais têtu comme tout compétiteur. Galtier me disait que j’étais l’un des meilleurs “deuxième attaquant” du championnat. Mais lui avait ses choix et moi, je me voyais surtout évoluer en numéro 9. Je dirais que c’était du 50-50.

« J’aurais bien vu Christophe Galtier dans un club comme Newcastle »

Le Chaudron peut-il détruire mentalement certains joueurs ?
Tous les grands stades peuvent le faire. Quand les supporters ne vous portent pas dans leur cœur, ça devient compliqué. Mais moi, j’étais très focus sur le terrain. Même avec les supporters contre moi, ça ne changeait rien. Bien sûr qu’on préfère avoir le stade derrière soi, parce que ça apporte une énergie supplémentaire. Mais certains joueurs peuvent être affectés mentalement. À mon époque, une tribune était en travaux, donc le stade n’était pas plein comme aujourd’hui. Mais la première fois que j’ai joué au Chaudron avec Auxerre, en 2007-2008, j’ai été impressionné. On ne s’entendait même pas parler.

As-tu connu des joueurs affectés par la pression populaire à Saint-Etienne ?
Honnêtement, non. La plupart des joueurs ont réussi à tirer leur épingle du jeu. Quand je repense à Aubameyang, Guilavogui, Perrin, Hamouma… beaucoup ont réussi. Moi, je pense que ça s’est joué sur des détails. Peut-être aussi un manque de communication parfois. Mais il faut rappeler que Christophe Galtier m’a énormément soutenu. Il m’a donné ma chance, je l’ai perdue logiquement, puis il me l’a redonnée parce que j’ai travaillé pour ça. Ensuite, j’ai été blessé et j’ai manqué de temps de jeu. Mais à cette époque, on était tellement soudés que les supporters étaient forcément derrière nous.

Que penses-tu d’un possible retour de Christophe Galtier en France, notamment à Marseille ?
Il faut qu’il revienne. C’est dommage qu’un entraîneur avec un tel talent quitte la France, surtout pour partir aussi loin. Avant le PSG, je le voyais même en Premier League. Je l’aurais bien vu dans un club comme Newcastle. Il a ce fighting spirit pour réussir là-bas. Au PSG, je trouve qu’il a fait le travail. Mais gérer autant de fortes personnalités, c’est compliqué pour n’importe quel coach. Le voir à Marseille ? Je serais content pour lui parce que ce serait un rêve. Mais en tant que supporter parisien, ça me piquerait quand même un peu.

ActualitésMercato – Real Madrid : Cinq recrues sont attendues à Madrid !

Quel regard portes-tu sur cette ASSE qui joue sa survie ?
Quand on descend en Ligue 2, c’est très dur. Il faut tout reconstruire, sportivement et financièrement. Déjà, être là aujourd’hui, c’est positif. Bien sûr, on aurait préféré une montée directe. Mais Saint-Etienne a tout à gagner sur ces barrages. S’ils ne montent pas, il y aura de la déception et on repartira pour une saison. S’ils montent, ils auront réussi quelque chose de fort. Pour moi, ils n’ont rien à perdre.

« J’aime beaucoup Davitashvili »

Sentais-tu déjà à l’époque que l’ASSE pouvait passer très vite de l’euphorie à la crise ?
Non, pas vraiment. J’ai toujours connu un club installé entre la 7e et la 12e place. Mais vu ce qu’il se passait en interne, il était logique qu’il y ait des mouvements. Aujourd’hui, avec le départ de Romeyer et Caïazzo, le club repart quasiment de zéro. Ce n’est jamais simple. Ils sont en train de construire un nouveau projet avec l’objectif de retrouver de la stabilité et de l’ambition.

Considères-tu ce passage comme le plus gros échec de ta carrière ?
C’est un échec, clairement. Mais pas celui qui m’a fait le plus mal. Celui qui m’a le plus touché, c’est Charleroi. Saint-Etienne est arrivé dans une période compliquée personnellement. Christophe Galtier m’a quelque part “sauvé”. Le mot est fort, mais je l’assume. À Lorient, ça ne passait plus avec Christian Gourcuff. Il fallait partir. Saint-Etienne est arrivé au bon moment. Mentalement, je n’étais pas au top. Ça a forcément joué dans mon passage stéphanois. Mais malgré tout, je garde énormément de positif de cette expérience.

L’ASSE est-elle le plus grand club que tu as connu ?
Oui, très clairement. En termes d’histoire et d’envergure, c’est le plus grand club de ma carrière. Avec Dresde, c’est aussi le meilleur public que j’ai connu.

ActualitésMercato – OM : Bruno Génésio arrive, deux joueurs font le trajet inverse ? 

Comprends-tu les supporters quand ils deviennent durs avec certains joueurs ?
Oui, parce que les supporters investissent de l’argent, du temps et de la passion. Ils ont le droit d’attendre quelque chose. Les joueurs doivent aussi comprendre les supporters et parfois transformer les critiques en énergie positive. Après, il ne faut jamais tomber dans les excès.

Comment fonctionnait la co-présidence Romeyer-Caïazzo ?
C’étaient deux profils très différents. Caïazzo était davantage l’homme d’affaires, Romeyer le président proche des joueurs et du club. Je trouve que les deux se complétaient très bien.

Après, forcément, quand il y a deux décideurs, c’est plus complexe. Mais dans ces fonctions, il faut savoir mettre les émotions de côté et être juste.

ActualitésMercato : L’OL tente un coup de poker pour conserver Roman Yaremchuk !

Y a-t-il un joueur actuel qui te ressemble ?
Non. Chaque joueur est unique. Il n’y aura qu’un seul Lynel Kitambala, comme il n’y aura qu’un seul Ruffier ou un seul Jeannot. Mais cette équipe est compétitive et mérite de retrouver l’élite.

As-tu un chouchou dans cet effectif ?
J’aime beaucoup aussi Davitashvili. On sent chez lui beaucoup de simplicité et d’humilité. Je trouve qu’il fait partie des joueurs clés de cette saison.


Partagez cet article maintenant !