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Formé à l’OM et vainqueur de la Ligue des Champions en 1993, Jean-Christophe Marquet est resté un passionné de son club de cœur. Et pour l’ancien défenseur marseillais, les coéquipiers de Mason Greenwood ne mesurent pas suffisamment l’honneur et la chance d’évoluer dans l’un des stades les plus mythiques d’Europe. Il s’en explique au micro de Farid Rouas, dans « 100% Foot, Farid & Co ».
Jean-Christophe, selon vous, cet OM reste-t-il fidèle aux valeurs et à l’identité de Marseille ?
Dans l’ensemble, oui. L’Olympique de Marseille demeure l’un des plus grands clubs français et l’un des plus populaires. Bien sûr, chaque saison possède sa propre histoire. Cette année, le club a traversé des moments compliqués, liés notamment à certaines décisions prises au niveau de la direction. Malheureusement, dans une ville comme Marseille, ces situations prennent souvent des proportions bien plus importantes qu’ailleurs. L’essentiel reste de parvenir à trouver une forme de stabilité. J’espère que l’arrivée du nouvel entraîneur permettra d’y parvenir. La victoire obtenue à Toulouse a apporté un peu de baume au cœur, mais il faudra confirmer lors des prochaines rencontres. Marseille est un club à part dans le paysage du football français. Le championnat a besoin d’un Olympique de Marseille fort, mais d’un club qui fasse parler de lui pour de bonnes raisons. Aujourd’hui, certaines turbulences peuvent être perturbantes. En tant qu’ancien joueur et désormais supporter, il est toujours difficile d’assister à ces situations, surtout lorsque l’on connaît tout ce que l’OM peut apporter au football français.
Vous avez souvent affirmé que ce club devait ressembler à ses supporters. Pensez-vous que l’état d’esprit actuel de l’équipe corresponde à celui du public marseillais ?
Je reste toujours positif lorsqu’il s’agit de l’Olympique de Marseille et je souhaite sincèrement que ce soit le cas. Ayant été joueur, je connais aussi les difficultés que certains peuvent rencontrer dans des périodes plus compliquées. L’essentiel est que les cadres du vestiaire, ainsi que la direction, restent soudés et fassent bloc. Jouer devant 65 000 spectateurs à chaque match au Vélodrome est une chance exceptionnelle. Les joueurs doivent transformer cette opportunité en force, se transcender et offrir ce que l’OM mérite : de l’engagement, du spectacle et des performances à la hauteur des attentes de ses supporters, à Marseille mais également dans toute la France.
« La saison est loin d’être terminée… »
Vous avez porté le maillot de l’Olympique de Marseille. Pensez-vous que, pour entraîner ce club, il soit préférable d’y être d’abord passé comme joueur comme Habib Bye afin d’en comprendre pleinement l’environnement ?
Cela peut évidemment aider. Cependant, Habib Beye a évolué comme joueur il y a déjà plusieurs années et le métier d’entraîneur est très différent. À mes yeux, que ce soit lui ou un autre technicien, l’important est que les joueurs et la direction avancent ensemble avec un message clair. Les joueurs doivent aussi prendre conscience de la chance qu’ils ont d’évoluer devant 65 000 personnes à chaque rencontre à l’Orange Vélodrome. C’est l’une des plus fortes sources d’adrénaline pour un footballeur. Par le passé, c’est précisément ce qui faisait la force de l’OM : un public extrêmement présent, une grande équipe sur le terrain et un engouement collectif qui créait ce fameux « douzième homme ». Cette atmosphère permettait souvent de transcender les joueurs et de remporter des matchs importants. Cet esprit n’a pas disparu. Les supporters sont toujours là, peut-être même plus nombreux et passionnés encore. Il s’agit donc de trouver le bon équilibre et de transmettre le bon message pour que tout le monde avance dans la même direction et poursuive un objectif commun.
À vos yeux, y a-t-il tout de même un joueur qui se démarque particulièrement dans cet effectif ?
Greenwood ressort naturellement, notamment au regard de ses statistiques puisqu’il est le meilleur buteur de l’équipe. C’est un joueur de très grande qualité qui a fait preuve d’une régularité importante cette saison, malgré les turbulences traversées par le club. L’effectif compte plusieurs individualités intéressantes, mais le principal défi pour le coach sera avant tout de renforcer la cohésion collective. L’équipe occupe actuellement la troisième place et la saison est loin d’être terminée. L’objectif reste d’obtenir une qualification pour la Ligue des champions. Une telle qualification apporterait une stabilité financière importante et permettrait d’envisager l’avenir plus sereinement. Le club le mérite, la ville le mérite et surtout les supporters le méritent.
Aujourd’hui, l’Olympique de Marseille est revenu à la troisième place, synonyme de qualification directe pour la Ligue des champions, tandis que la quatrième place mène aux barrages. Si l’OM terminait cinquième, sans qualification directe pour cette compétition, considéreriez-vous cela comme un échec majeur ?
Plus qu’un accident… J’ai vu un petit peu les déclarations de Nasri, qui explique qu’en n’étant pas quatrième, la saison serait catastrophique. Oui, sportivement, et financièrement. Je pense que l’effectif possède la qualité nécessaire pour terminer parmi les trois premiers. Mais il faut désormais le démontrer sur le terrain. Le club dispose de nombreux atouts : un public exceptionnel, un engouement permanent autour de l’équipe et un environnement unique. Le championnat français a besoin d’un Olympique de Marseille performant, tout comme il a besoin d’autres grands clubs au sommet. À nous, anciens joueurs et supporters, de rester derrière l’équipe et de continuer à la soutenir. Nous ne pouvons plus agir sur le terrain, mais nous espérons tous que l’OM terminera dans les trois premières places, car le football français a besoin d’un Marseille présent au plus haut niveau.
« Il ne faut pas se projeter trop loin dans l’avenir »
Seriez-vous intéressé par un retour au club, par exemple au sein du staff technique, à court ou moyen terme ?
Pour l’instant, ce n’est pas une perspective à laquelle je pense. Aujourd’hui, je suis pleinement engagé dans un projet important : accompagner près de 7 000 jeunes joueurs, et peut-être demain 11 000, à travers un réseau d’environ 1 000 clubs. C’est une responsabilité considérable que j’assume avec mon staff composé d’anciens professionnels. Notre mission est notamment de former les talents de demain, certains pouvant peut-être rejoindre un jour l’Olympique de Marseille. C’est déjà une grande responsabilité. Bien sûr, nous continuons à suivre l’OM avec attention, car ce club fait partie de nous et nous lui souhaitons le meilleur. Mais il existe aujourd’hui des dirigeants et des responsables en place, et c’est à eux de trouver la meilleure formule pour assurer l’avenir du club. Pour ma part, ma priorité reste le développement et la proximité avec le football amateur français.
Enfin, pour que l’Olympique de Marseille puisse réellement rivaliser avec le Paris Saint-Germain, pensez-vous qu’une vente du club et l’arrivée de nouveaux investisseurs seraient nécessaires ?
Peut-être, mais ce qui compte avant tout est de souhaiter le meilleur pour l’Olympique de Marseille. Pour l’instant, il y a une saison à terminer avec McCourt, avec Benatia, avec Habib Beye et cet effectif. C’est déjà un défi important. Il ne faut pas se projeter trop loin dans l’avenir. L’urgence est dans le présent : terminer parmi les trois premiers. Toute l’énergie doit être concentrée sur cet objectif. Le football évolue très vite et les discussions sur l’avenir viendront en temps voulu. Il sera certainement plus simple d’aborder ces questions si l’OM termine la saison à la troisième place !

