OM : « C’est très exagéré », la valorisation du club par McCourt ne dupe personne

Dix ans après son rachat pour 45 millions d’euros, l’Olympique de Marseille franchit un cap symbolique dans l’esprit de son propriétaire. Frank McCourt valoriserait désormais le club à 1,2 milliard de dollars, une ambition qui se heurte toutefois à la réalité économique du football français et aux doutes des experts financiers.

Le Bostonien en est persuadé : la valeur de l’Olympique de Marseille a explosé sous son ère. Selon des informations relayées par La Provence, Frank McCourt ne serait pas opposé à une vente, à condition qu’une offre XXL atteignant au moins 1,2 milliard d’euros soit mise sur la table. Pour l’homme d’affaires américain, l’OM appartient désormais au cercle fermé des clubs dont la valorisation se compte en neuf zéros.

Cette ambition s’inscrit dans une stratégie de positionnement globale. En s’auto-plaçant dans ce panier de prestige, McCourt espère attirer des investisseurs capables de miser sur une appréciation de valeur à long terme. Pourtant, cette vision semble déconnectée des indicateurs actuels du club. Le dernier rapport de l’UEFA pour l’exercice 2024-2025 révèle une perte avant impôts de 105 millions d’euros, plaçant l’OM parmi les mauvais élèves européens derrière Chelsea ou l’OL. Pour McCourt, la seule véritable rampe de lancement vers de tels revenus serait « une participation à une hypothétique Super League« , un projet encore très incertain.

La douche froide de l’expertise financière

Face à ces prétentions, David Gluzman, spécialiste financier de l’After Foot, tempère largement l’enthousiasme de l’actionnaire majoritaire. Pour lui, le chiffre de 1,2 milliard est « très exagéré« . Le banquier avance une estimation bien plus prudente, située « entre 500 et 600 millions d’euros« , ce qui constitue déjà un objectif raisonnable dans un championnat de France économiquement « désœuvré« .

OMPour vendre l’OM, Frank McCourt a trois pistes dans le viseur

L’expert souligne plusieurs freins majeurs : le manque de droits TV domestiques, une marge de progression limitée sur le sponsoring et l’absence de direction opérationnelle stable. « Tous les plus gros clubs se sont échangés à des multiples de quatre, cinq fois le chiffre d’affaires« , rappelle-t-il, précisant que l’OM ne coche pas encore toutes les cases pour justifier un tel multiplicateur. Selon Gluzman, la solution pour McCourt ne résiderait pas dans une vente totale, mais dans l’arrivée d’un associé : « L’avantage pour Frank McCourt serait qu’il devienne minoritaire« , conclut-il, ouvrant la voie à une transition de capital plutôt qu’à une sortie sèche à prix d’or.


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