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Alors que le mercato hivernal bat son plein, l’AS Saint-Étienne donne l’impression d’avancer à pas comptés. Pourtant, les moyens financiers sont là et la cellule de recrutement a été largement renforcée depuis l’arrivée de Kilmer Sports Ventures. En coulisses, un facteur bien précis bloque plusieurs dossiers et réduit considérablement le champ des possibles. Un frein réglementaire, peu visible pour le grand public, mais déterminant dans la stratégie stéphanoise.
Un mercato au ralenti malgré des moyens renforcés
Depuis plusieurs semaines, les supporters stéphanois attendent des renforts capables de booster une équipe engagée dans une course délicate pour ses objectifs sportifs. L’ASSE n’est pourtant pas inactive. Le club explore de nombreuses pistes, échange avec des agents, multiplie les profils ciblés. Mais à l’arrivée, peu de dossiers avancent concrètement.
Ce décalage entre ambitions affichées et réalisations s’explique en grande partie par une contrainte bien connue en interne : le quota de joueurs extra-communautaires. En Ligue 2, le règlement est strict. Un club ne peut aligner que deux joueurs ne disposant pas d’un passeport européen ou assimilé. Et à Saint-Étienne, ce plafond est déjà atteint.
Un quota déjà plein… et très contraignant
Avec Ben Old, de nationalité néo-zélandaise, et Mahmoud Jaber, international israélien, l’ASSE occupe déjà ses deux places autorisées. Une situation qui empêche mécaniquement toute arrivée supplémentaire d’un joueur hors Union européenne, sauf à libérer une place.
ASSEMercato ASSE : Un lofteur brille enfin, une vente à 7 millions se précise ?Ce n’est pas une problématique nouvelle. L’été dernier, le club en avait déjà fait les frais avec le dossier Joshua Duffus. Arrivé dès la mi-juillet, l’attaquant anglais avait dû patienter plusieurs semaines avant de signer officiellement, le temps d’obtenir un passeport jamaïcain et de contourner la règle. Aujourd’hui encore, ce verrou administratif agit comme une épée de Damoclès sur le mercato hivernal.
Une stratégie moderne, freinée par le règlement
Depuis le rachat par Kilmer Sports Ventures, l’ASSE a profondément revu son approche du recrutement. Data, élargissement des zones de prospection, profils jeunes à fort potentiel : la méthode a évolué. L’arrivée de Ben Old, recruté au Wellington Phoenix, illustre cette ouverture vers des marchés moins traditionnels. Mais la réalité réglementaire rattrape vite cette ambition. Le cadre fixé par la LFP reste clair et inflexible : aucun troisième extra-communautaire ne pourra être enregistré cet hiver. Résultat, certaines pistes sont abandonnées avant même d’entrer en phase avancée.
Ben Old, variable d’ajustement possible ?
Dans ce contexte, un nom revient avec insistance en interne : celui de Ben Old. L’ailier néo-zélandais, parfois utilisé plus bas sur le terrain, peine à convaincre pleinement depuis son arrivée. Son rendement est jugé perfectible et son statut d’extra-communautaire pèse lourd dans l’équation. Un départ, même temporaire, permettrait de libérer une place précieuse et d’ouvrir de nouvelles opportunités sur le marché. L’été dernier déjà, l’ASSE n’avait pas fermé la porte en cas d’offre satisfaisante. La réflexion pourrait revenir sur la table dans les prochains jours.
Un mercato sous contrainte, mais pas figé
Attention toutefois à ne pas tirer de conclusions hâtives. Tous les joueurs étrangers ne sont pas concernés par ce quota. De nombreux pays africains bénéficient d’accords spécifiques, permettant aux clubs français de recruter sans contrainte supplémentaire.
L’ASSE conserve donc des leviers, mais ils sont ciblés et nécessitent une précision chirurgicale dans les choix. Plus que jamais, le mercato stéphanois se jouera sur des détails réglementaires, des opportunités bien calibrées et, peut-être, un ajustement de l’effectif actuel. Un équilibre délicat à trouver pour un club aux ambitions intactes, mais aux marges de manœuvre réduites.

