Dans la grande Histoire du football français, des clubs comme l’OM et l’OL ont connu de grands présidents. Journaliste pour la Chaîne L’Equipe, Dave Appadoo évoque notamment Pape Diouf et Jean-Michel Aulas.
Au micro de Faris Rouas, dans l’émission « 100% Foot Farid & Co », le journaliste Dave Appadoo revient sur les figures emblématiques du foot français qu’il a pu croiser dans sa carrière. Naturellement, le nom d’une icône de l’OM s’impose : « Je pense que Pape Diouf reste, malgré tout, celui qui m’a le plus marqué. C’était vraiment quelque chose. Il avait une stature, au sens propre comme au figuré. Déjà physiquement, il était grand, imposant, mais surtout, il possédait une qualité d’expression absolument remarquable. Dans le milieu du football, qui n’est pas toujours réputé pour la finesse de son verbe, il se distinguait par une manière de parler extrêmement précise, nuancée, presque élégante. Il savait formuler des idées complexes avec clarté, et cela donnait à chacune de ses prises de parole une vraie profondeur. J’ai eu la chance de passer plusieurs soirées en sa compagnie, et au-delà du dirigeant, c’était un homme de conversation, de culture, avec un charisme réel. Franchement, il dégageait quelque chose de rare… »
« Aulas possède une envergure impressionnante »
Marqué au fer rouge par Pape Diouf, Dave Appadoo n’est pas resté insensible face à la stature de Jean-Michel Aulas, pilier de la grande histoire de l’OL : « Dans un registre différent, quelqu’un comme Jean-Michel Aulas possède aussi une envergure impressionnante. Chez lui, ce n’est pas la présence physique qui frappe en premier, puisqu’il a un gabarit plus modeste, mais plutôt la détermination. Cela se lit dans son regard, dans son attitude. Je ne l’ai jamais senti blasé, jamais désabusé, et c’est quelque chose que j’ai toujours respecté chez lui. C’est une personnalité clivante, évidemment, avec ceux qui l’admirent et ceux qui le critiquent, mais on ne peut pas nier sa force de conviction. Le voir, après avoir remporté sept titres de champion de France, atteint une demi-finale de Ligue des champions et gagné plusieurs coupes nationales, continuer à vivre intensément la moindre rivalité, notamment face à Saint-Étienne, m’avait marqué. Même lorsque l’écart sportif était important, il conservait cette flamme, cette envie, presque comme au premier jour. Je me souviens m’être dit que cet homme, qui avait déjà tout connu au plus haut niveau, continuait à se nourrir de ces affrontements régionaux avec une énergie intacte. Cela révélait une forme de passion authentique. Et puis, il y avait aussi chez lui une vraie vision. Quand on pense au stade, à la structuration du club, on voit bien qu’il avait plusieurs coups d’avance. Même si la fin de son histoire à Lyon est plus contrastée, je reste convaincu qu’il aura été une figure majeure, quelqu’un qui a profondément compté dans l’évolution du football français ».

