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Longtemps cantonné aux seconds rôles, Matthieu Udol vit une saison qui change tout. À Lens, le latéral s’est mué en piston incontournable, enchaînant les performances de haut niveau sans jamais forcer le trait. À 29 ans, celui que peu imaginaient à ce niveau il y a encore quelques mois attire désormais les regards, y compris au sommet du football français. Sans revendication ni agitation, l’ancien Messin avance, convaincu que le travail finira par parler pour lui.
Une renaissance inattendue sous le maillot lensois
Arrivé dans l’Artois presque sur la pointe des pieds, Matthieu Udol s’est rapidement imposé comme une pièce maîtresse du système lensois. Son repositionnement en piston gauche a transformé son jeu, révélant une palette complète : volume de course, justesse technique et lecture des temps forts. En championnat, il affiche une régularité impressionnante avec 20 matchs disputés et près de 1 800 minutes engrangées, tout en se montrant décisif à six reprises. Une influence concrète qui dépasse les simples statistiques et irrigue l’animation offensive du RC Lens.
L’équipe de France en ligne de mire, sans brûler les étapes
Cette montée en puissance n’est pas passée inaperçue. Interrogé par L’Équipe, Udol refuse pourtant toute précipitation : « Je sais que je suis performant, peut-être qu’il y a une place à se faire. Mais je ne me mets pas de pression. » Le défenseur savoure surtout le chemin parcouru, conscient du caractère inattendu de sa trajectoire : « Six mois en arrière, c’était inimaginable qu’on me cite pour la sélection. » Une lucidité rare, à l’image d’un joueur qui avance sans se disperser.
Un profil taillé pour durer
Dans le jeu lensois, Udol n’est pas qu’un coureur infatigable. Sa contribution directe aux buts, estimée à 17,65 %, témoigne de son poids réel sur les résultats. Son rendement constant lui a valu d’être élu Lensois du mois de janvier, une reconnaissance populaire qui illustre son intégration express. Passé par quatre opérations des ligaments croisés, le Guadeloupéen incarne aussi une forme de résilience, symbole d’un joueur qui a appris à se réinventer.
À l’approche des échéances internationales de mars, Matthieu Udol poursuit sa route sans calcul. Performant, épanoui et pleinement impliqué dans le projet lensois, il s’est offert le luxe de redevenir maître de son destin. Le reste, sélection comprise, viendra peut-être en supplément.

