Yacine Abdessadki : « Panichelli pourrait jouer à Chelsea »

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Ancien international marocain et figure incontournable du Racing Club de Strasbourg (1998-2008), Yacine Abdessadki a marqué l’histoire du club alsacien auquel il reste encore très attaché. Interrogé par Farid Rouas, l’ancien milieu offensif revient sur l’actualité du Racing et celle du Maroc.

Yacine, vous en avez vu de toutes les couleurs dans votre carrière, notamment avec le Racing Club de Strasbourg : deux montées, trois descentes, deux trophées. On en sort amoureux du club ou usé mentalement ?
Usé mentalement, je ne pense pas. Je pense que, spontanément, j’ai pu être usé à des moments donnés. Enfin, si je fais le bilan de mon passage à Strasbourg, ce qui fait ce que je suis aujourd’hui, ce sont toutes ces perturbations ou cette évolution dans ma carrière. Montée, descente… L’expérience ne vient pas forcément qu’avec la réussite. Ça vient surtout grâce aux échecs.

Vous avez connu Habib Beye à Strasbourg, l’actuel entraîneur de Rennes. Avait-il déjà la fibre du coach ?
À l’époque, je ne pense pas qu’il avait cette fibre-là, comme il peut l’exprimer aujourd’hui. Mais il avait cette aura, cette façon de s’exprimer, de s’imposer sur le terrain. Malgré le fait qu’il vienne très rapidement d’un milieu amateur, il a intégré le groupe professionnel en un claquement de doigts, grâce à Claude Leroy. Il a montré, il a exprimé totalement son potentiel. Et après, on connaît la carrière qu’il a pu faire.

« Rosenior à Chelsea ? Le train ne passe qu’une fois… »

Voir partir le coach Liam Rosenior vers Chelsea, est-ce inquiétant pour Strasbourg ?
Étant donné tout ce qu’il a pu apporter au club, tout ce qu’il a pu apporter dans le jeu, dans l’intelligence de jeu… Est-ce inquiétant ou pas ? Le choix qu’il a fait, il a été assumé. Et je pense que le train, très souvent, ne passe qu’une fois. Je pense que, dans sa progression, dans son plan de carrière, il ne faut pas se leurrer : c’est une vraie opportunité. Tout le monde l’aurait saisie, je pense, en levant l’hypocrisie qu’on peut parfois avoir. C’est une réalité. Pour Strasbourg, pour parler du collectif, il a apporté énormément de choses : une philosophie, une pensée footballistique, ou en tout cas collective. Tout le monde avait sa chance, tout le monde a pu avoir du temps de jeu. Ça a permis de mettre tout le monde sur un certain équilibre et de vraiment impliquer chacun dans le projet du club.

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Il y a peut-être des joueurs aussi qui vont suivre. Donc ça peut casser cette dynamique ?
Avec l’effectif qu’il y a à Chelsea, aujourd’hui, et ce qu’il y a aujourd’hui à Strasbourg, je ne suis pas sûr. Pour moi, l’attaquant Joaquin Panichelli pourrait faire le chemin, parce qu’il a vraiment l’étoffe de l’attaquant qu’on peut attendre dans de grands clubs, réellement. Il y a un comportement, des mouvements, une façon de se comporter sur le terrain qui est digne d’anciens grands joueurs, d’anciens grands attaquants qu’on a connus et qu’on voit de moins en moins. Donc ça peut être ce genre de joueur.

« Brahim Diaz, on voit qu’il a grandi dans une marmite différente des autres »

L’autre amour de votre carrière, c’est la sélection marocaine, encore en lice à la CAN. Et au Maroc, on compare presque Walid Regragui à Didier Deschamps. C’est mérité ?
Walid a une façon de coacher qui est différente de celle de Deschamps. La relation qu’il a avec les joueurs est très proche. Je pense que Didier Deschamps a aussi cette approche-là. La façon de jouer aujourd’hui de l’équipe nationale peut être critiquable. C’est facile de critiquer une équipe. Dans une compétition, on sait que le plus important, c’est de la remporter. La comparaison est là par rapport à la Coupe du monde de l’équipe de France. Sur la durée, c’est le jeu qui prime et c’est le jeu qui fait gagner. Merci au monde du football de critiquer, parce que je pense que Walid va pouvoir – je le connais très bien – se remettre en question. Il ne va pas le montrer devant la caméra, mais il se remet quand même en question.

Dans le football actuel, quel est votre joueur préféré ?
Brahim Díaz, bien évidemment. Cette touche intellectuelle… Il est au-dessus de la moyenne. Sa vision du jeu, son intelligence de jeu : on voit ceux qui ont grandi dans une marmite différente des autres. Cette façon de se déplacer, de chercher des espaces libres, d’être dans un confort de jeu permanent, sans être forcément au contact de l’adversaire, mais justement dans des zones libres.

Et sur le meilleur latéral au monde ?
Hakimi. Pour moi, c’est le joueur qui fait vraiment la différence. Il a cette capacité à percuter, à donner de très bons ballons ou à les finir. Et puis son aura, tout simplement, de meneur : il a un leadership naturel, un leadership aussi dans la communication, qui tire cette équipe. C’est un vrai meneur d’hommes.

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Avec Farid Rouas


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