« Aujourd’hui, Ousmane Dembélé est capable de tout faire »

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Avant d’être le conseilleur du président d’Evreux, Romaric Bultel a été l’entraîneur d’Ousmane Dembélé et de Dayot Upamecano. Deux amis qui s’affrontent, actuellement, en demi-finale de Ligue des Champions. Leur ancien coach évoque le parcours et les particularités de ses anciens poulains avec Farid Rouad, dans l’émission « 100% Farid & Co ».

Ses débuts avec Ousmane Dembélé et Dayot Upamecano
Ousmane, je l’ai côtoyé lors de la saison 2009-2010. Il était surclassé avec mes U14. Déjà à l’époque, il était extrêmement doué, très en avance techniquement. C’était un joueur capable de faire des différences sans vitesse, quasiment sur place. Dayot, je l’ai eu de 2011 à 2013 sur trois saisons avant son départ pour Valenciennes. C’était un profil complètement différent. Très tôt, il dégageait de la puissance, de la vitesse, un côté combatif. C’était déjà un joueur solide, fiable, avec une vraie capacité à s’imposer physiquement.

Le moment où tout bascule
On suit forcément leur évolution, mais le vrai basculement, c’est quand Ousmane explose à Dortmund. Ensuite, tout s’enchaîne : Barcelone, l’équipe de France, les trophées. Pour Dayot, c’est Salzburg puis le Bayern Munich. Mais aujourd’hui, les voir tous les deux en demi-finale de Ligue des champions, dans un match comme celui qu’on a vu, avec cette intensité et ce niveau de jeu… c’est là que tu prends vraiment la mesure du parcours. Dix ou quinze ans en arrière, c’était difficile d’imaginer ça.

« Ousmane n’a jamais été individualiste »

Des profils opposés mais complémentaires
Ousmane, c’est le talent pur, identifié très tôt. Mais le talent ne suffit pas. Il faut du travail, de la régularité, être dans le bon environnement. Dayot, lui, s’est imposé avec des qualités plus athlétiques et défensives. Aujourd’hui, il est devenu un défenseur moderne, capable de relancer, de casser des lignes, de prendre des initiatives.

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Toujours les mêmes joueurs dans l’ADN
On les reconnaît totalement. Dayot, c’était déjà ce leader naturel, sans parler beaucoup, mais avec une vraie présence. Il faisait les différences sur le terrain. Ousmane, c’est différent. Quand je l’ai connu, il avait 12 ans et jouait contre des joueurs de 14 ou 15 ans. Il était petit, frêle, peu athlétique, mais techniquement hors norme. Un magicien. Aujourd’hui, il a ajouté de la vitesse d’exécution, un jeu plus tranchant, plus direct : crochets, doubles contacts, prises de vitesse. À l’époque, il pouvait éliminer une équipe entière quasiment sur place, tant il était au-dessus techniquement. Mais dans l’état d’esprit, ça n’a pas changé : ce sont des compétiteurs, tournés vers le collectif. Ousmane, malgré son profil de dribbleur, n’a jamais été individualiste : il a toujours joué dans l’intérêt de l’équipe.

« Ce qu’ils sont devenus, c’est la continuité de ce qu’ils étaient déjà à 12 ou 14 ans »

Le déclic Dembélé au très haut niveau
Aujourd’hui, on voit un joueur capable de tout faire : attaquer, faire des différences, mais aussi défendre, presser. Le football a évolué. À ce niveau, tu dois être complet. Un attaquant doit défendre, un défenseur doit savoir jouer. Ousmane l’a compris. Il sait aussi que dans certains contextes, s’il ne fait pas les efforts, il ne joue pas.

L’impact du contexte et du coach
À ce niveau-là, tout est lié. Un joueur a besoin d’un cadre, d’un projet, d’un entraîneur qui correspond à ses qualités. Aujourd’hui, Dembélé et son coach se sont trouvés. Il y a une forme de symbiose. Le collectif a été construit autour de principes clairs, et ça se ressent dans les performances.

Dembélé, futur numéro 9 des Bleus ?
La question, ce n’est pas forcément le poste. L’équipe de France a un potentiel offensif énorme. Si tout le monde joue dans le même sens, avec cette qualité-là, ça peut faire très mal. Mais au très haut niveau, surtout en sélection, ce qui compte, c’est l’état d’esprit et la capacité à se mettre au service du collectif. Ousmane dans un rôle libre, c’est intéressant. Mais il faut une cohérence d’ensemble. Il ne faut pas opposer les profils, notamment à Mbappé, qui reste un joueur majeur et décisif.

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Ce qui relie leurs parcours
L’envie de réussir. L’envie de performer tous les jours. C’était déjà là quand ils étaient jeunes. Et aujourd’hui, ça n’a pas changé. Ce sont des joueurs qui vivent football, qui pensent football. Ce qu’ils sont devenus, c’est la continuité de ce qu’ils étaient déjà à 12 ou 14 ans.


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