Ancien attaquant du PSG et de Liverpool, David Ngog prépare sa deuxième carrière en passant des diplômes d’entraîneur. Interviewé par Farid Rouas, l’ancien Parisien se confie sur sa carrière et l’actualité.
Aujourd’hui, tu vis comment tes journées sans football ?
Sans football ? Déjà, je suis assez occupé. Je joue pas mal au Padel en ce moment, comme beaucoup d’anciens sportifs footballeurs. Je m’entretiens un peu et j’ai une vie de famille aussi, bien remplie. Avec deux enfants, bien rempli. Donc voilà, je suis du côté de la Grèce, à Athènes. C’est comme ça que j’ai décidé de continuer mon parcours.
Ton arrivée au PSG : rêve ou pression ?
Pour moi, c’était un rêve parce que Paris, c’était le plus grand club pas loin de chez moi. C’était mon club de cœur. J’avais les maillots, je suivais l’équipe. La sélection n’était pas simple, il y avait beaucoup d’enfants. À la fin, je pense qu’il reste peut-être 16 gamins et j’en fais partie. Pour moi, c’était une chance. Après, il y avait le rêve, mais la réalité, c’était difficile. Il y avait une compétition et une certaine pression.
Un mentor au PSG ?
Je vais parler de Pauleta. C’était vraiment un professeur pour moi, un modèle de professionnalisme. La manière dont il s’entraînait, dont il prenait soin de lui, sa mentalité… c’était un exemple. C’était un des premiers mentors que j’ai eus.
Pourquoi ne pas avoir explosé à Paris ?
La transition entre le centre de formation et le monde professionnel, ce n’est pas la même chose. Il y a d’autres exigences et une certaine pression. On n’était pas aussi armés qu’aujourd’hui, il n’y avait pas les mêmes moyens. La pression médiatique n’était pas quelque chose que l’on préparait. Personnellement, ça m’a un peu pesé. Les résultats n’étaient pas bons, il y avait des tensions avec les supporters.
Comment tu l’as vécu ?
Quand t’es jeune, c’est simple : tu es au Parc, on te siffle et pour la confiance, ce n’est pas le meilleur environnement. Mais ça forge. J’ai eu de très bons moments au Paris. On a gagné la Coupe de la Ligue, on a été en finale de la Coupe de France.
Une reconversion comme coach ?
J’y ai pensé. J’ai commencé des diplômes au Pays de Galles (UEFA B), mais je n’ai pas terminé. Être entraîneur demande beaucoup de temps et d’investissement. Pour l’instant, je ne suis pas prêt à m’engager totalement. Mais la porte n’est pas fermée. Je reste passionné et j’aime partager mon expérience.
« Dembélé, dès qu’il touche le ballon il se passe quelque chose »
Ton passage à Liverpool : qu’est-ce qui change ?
Il y a une aura. Quand je suis arrivé, c’était un choc. Tout est organisé pour que tu performes. On choisit ta maison, tu es encadré. À l’époque, je pense qu’on était mieux accompagnés qu’au PSG. Il y avait aussi une grande exigence. À l’entraînement, des joueurs comme Steven Gerrard se donnaient à fond. Si tu ne suis pas, tu es laissé derrière.
Fernando Torres ?
C’était impressionnant. On n’avait pas forcément la même relation, mais le voir jouer… la saison où j’arrive, il marque presque à chaque match. Le Torres de Liverpool, c’était très fort. Moi, j’essayais de prendre mes marques et de gagner du temps de jeu.
Partir tôt à l’étranger, bon choix ?
Oui, sans problème. L’expérience à l’étranger fait grandir humainement : découvrir une culture, apprendre une langue. Ce n’est pas un regret.
Le PSG peut gagner la Ligue des Champions ?
Ils ont l’équipe, le coach. Il y a un facteur psychologique important. Sur un match, tout est possible. Mais Arsenal est très structuré, très solide défensivement.
Le joueur actuel qui te fait vibrer ?
Dembélé. C’est un joueur qui crée quelque chose. Dès qu’il touche le ballon, il se passe quelque chose. Il fait des différences, il marque, il passe. Pour un attaquant, c’est un plaisir. Il joue des deux pieds. C’est un modèle pour un jeune, je pense. J’avais joué contre lui lorsque j’étais à Reims. Il y avait des fulgurances mais il a eu la maturité d’écouter, de s’épanouir.
Ton regard sur Mbappé au PSG ?
Je dirais que c’est inachevé. C’est un talent pur, mais peut-être qu’il a eu des difficultés à se fondre dans le collectif de Luis Enrique. Aujourd’hui, pour gagner la Ligue des Champions, il faut que les 11 défendent. Parfois, il ne fait pas les efforts défensifs. Au niveau offensif, il n’y a rien à dire.
Différence Ligue 1 / Premier League ?
Dès le premier entraînement, j’étais essoufflé. C’est plus intense, plus rapide, plus physique. On était plus prêt pour le match.
Ton meilleur souvenir au PSG ?
La Coupe de la Ligue. Même si je n’ai pas joué la finale, j’avais participé au parcours. C’était mon premier trophée.
La Ligue des Champions ?
Entendre la musique, ce sont des sensations très fortes. Mon père et ma famille étaient très fiers, et moi aussi.
Un conseil aux jeunes ?
Il faut une vraie passion. Il faut se demander si ça vient de soi ou de l’entourage. Ensuite, travailler avec discipline au quotidien.

