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Avec 4 buts en 13 matchs disputés avec l’ESTAC, Kandet Diawara a parfaitement réussi son arrivée dans l’Aube. Artisan de la remontée en Ligue 1 des Troyes, l’ailier de 26 ans espère pouvoir poursuivre la saison prochaine. Il est interrogé par Farid Rouas dans l’émission « 100% Foot Farid & Co ».
Tu es né à Lille, comment tu arrives à Lens ?
Je suis né à Lille, j’ai grandi là-bas, avec toute ma famille. J’ai commencé au Bois Blanc, puis ensuite à l’Iris Club Lambersart, un club de la région lilloise. Et de là, je me suis fait repérer par Lens et d’autres clubs. J’ai pris la décision de partir à Lens tout simplement.
À cette époque, tu étais plutôt Lille ou Lens dans le cœur ?
Quand tu grandis à Lille, forcément, tu as Lille en tête. C’est le club de la ville, donc c’est naturel. Mais Lens, à ce moment-là, c’était aussi un très bon centre de formation, surtout pour les jeunes. Et ça a joué dans ma décision, parce que je pensais aussi développement et progression.
Tu as ensuite connu plusieurs clubs et plusieurs pays. Comment tu résumes ton parcours ?
Je dirais que j’ai eu un parcours assez formateur, avec différentes expériences. J’ai connu la France, mais aussi l’étranger. Chaque étape m’a appris quelque chose, que ce soit dans le jeu ou dans la vie.
Tu as notamment joué en Allemagne. Quelle différence avec la France ?
L’Allemagne, c’est un jeu plus direct. On attaque plus et on réfléchit moins. Il y a beaucoup d’espaces, énormément d’intensité et peu de temps pour réfléchir.
Les consignes avant les matchs là-bas, c’était comment ?
L’idée, c’était de se projeter vers l’avant. On voulait marquer plus de buts que réfléchir à ne pas en prendre. Après, il fallait quand même garder un équilibre, respecter les placements et les efforts défensifs.
Le plus gros choc quand tu arrives en Allemagne ?
Les stades. Clairement. Et l’ambiance surtout. Tu passes de matchs à 5 000 ou 6 000 personnes en Ligue 2 ou à Chypre à des stades de 25 000, 30 000 voire plus. La ferveur, elle fait la différence.
Tu as un match en tête qui t’a marqué ?
Oui, un match de coupe contre Leipzig. Stade plein, 60 000 personnes. J’ai joué une dizaine de minutes, mais c’était incroyable. Quand tu vis ça, tu comprends pourquoi tu fais ce métier. Et tu as envie d’y retourner.
Dans ces moments-là, tu ressens quoi sur le terrain ?
Je me réfugie dans le travail. C’est vraiment mon état d’esprit. Je ne suis pas quelqu’un qui subit la pression des supporters. Au contraire, ça me motive et ça me booste.
« Le joueur le plus sous-coté à Troyes ? Momo Diop ! »
Tu arrives ensuite à l’ESTAC. Comment ça se passe ?
Je me suis senti très vite à la maison. Même en arrivant en hiver, l’intégration s’est faite naturellement grâce au staff et aux joueurs.
Le contexte du mercato d’hiver, ça change quoi pour toi ?
C’est toujours un peu particulier parce que tu arrives en cours de saison. Mais j’avais déjà des repères avec certains joueurs, donc ça a facilité mon intégration. Et surtout, l’accueil a été bon dès le départ.
Ton coach voulait t’utiliser comment ?
Il avait déjà analysé mon jeu. Il voulait surtout m’utiliser dans la profondeur, attaquer les espaces. Et ça correspond totalement à mon style.
Tu parles souvent de liberté sur le terrain. Tu te sens mieux où exactement ?
J’aime bien être libre. Je peux jouer intérieur ou sur le côté, ça ne me dérange pas. Dans l’axe, tu es plus proche du but. Sur le côté, tu as le duel direct, le 1 contre 1.
Le 1 contre 1, c’est vraiment ton point fort ?
Oui, j’aime beaucoup ça. Quand tu élimines ton vis-à-vis, tu prends du plaisir. Et même si ça ne passe pas, je continue. Parce qu’à force, ça finit par passer.
Tu as déjà changé de poste dans ta carrière ?
Oui, clairement. À Lens, j’étais aussi utilisé comme numéro 8, box-to-box. Je me projetais beaucoup vers l’avant. Aujourd’hui ailier, c’est différent : tu es plus proche du duel, plus proche de la dernière passe ou de la finition.
Le joueur le plus sous-coté dans ton vestiaire ?
Il y en a plusieurs. Momo Diop, déjà, qui méritait plus de reconnaissance. Martin (Adeline) aussi, qui a fait une grosse saison. Tawfik également.
« Je devais signer en Pologne »
Tu as déjà vécu un transfert qui ne s’est pas fait ?
Oui. Je devais signer en Pologne. On était même sur place. Mais pour des raisons administratives, ça ne s’est pas fait. On a dû rentrer et rebondir ailleurs.
Comment tu vis ces moments-là ?
Sur le moment, ce n’est pas simple. Mais ça fait partie du foot. Tu dois vite passer à autre chose et trouver une solution. Et souvent, ça ouvre d’autres portes.
Tu as des regrets sur certains choix de carrière ?
Non, pas vraiment. Je n’ai pas de choix que je regrette aujourd’hui. Et puis, j’ai aussi des moments positifs, comme un titre de champion. Donc ça valide beaucoup de choses.
Tu as un modèle de joueur ?
Pas un modèle précis. Je regarde surtout les ailiers modernes. Des joueurs comme Vinicius ou comme Mbappé avant qu’il se recentre.
Où tu te projettes pour la suite ?
Je suis sous contrat avec Troyes, donc logiquement je serai là-bas. Après, dans le foot, tout peut évoluer. Mais aujourd’hui, je suis dans ce projet.
Tu rêvais de quoi plus jeune ?
Le Real Madrid, clairement. C’était le club qui faisait rêver. Après, avec le temps, tu comprends que le plus important, c’est le projet et le temps de jeu.
Tu as connu des moments difficiles dans ta carrière ?
Oui, comme tout le monde. Sans club, ou avec peu de temps de jeu, ça peut être compliqué. Mais je suis quelqu’un de résilient. Je me réfugie dans le travail et j’essaie de rebondir.
Tu aurais aimé rester plus longtemps en Allemagne ?
À la base, oui. Je n’étais pas venu pour partir rapidement. Mais le contexte a changé avec le coach et le projet. Donc j’ai dû m’adapter et prendre une autre direction.
Un dernier mot pour conclure ?
Depuis le début, j’ai toujours voulu vivre du football. J’ai fait des sacrifices, j’ai connu différents pays, différents contextes. Mais aujourd’hui, je continue parce que j’aime ça, et parce que « je kiffe le foot ».

