Parti du club phocéen l’été dernier pour rejoindre le Stade Rennais, Valentin Rongier n’a pas la langue dans sa poche. Après avoir fracassé la gestion de son départ par l’OM, le milieu de terrain de 31 ans a livré un témoignage glaçant sur la réalité du quotidien des footballeurs marseillais face aux cambriolages.
Six ans à Marseille. Six ans à vivre avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Trois cambriolages en l’espace de six ans pour Valentin Rongier, pourtant un homme qui assure faire « vachement attention« . Un bilan qui fait froid dans le dos, et que celui qui évolue désormais à Rennes a décidé de raconter sans filtre au micro du Media Carré. Un récit qui illustre crûment une réalité que peu de joueurs osent évoquer publiquement.
« Honnêtement, oui. Tu sentais de la peur chez certains joueurs. Tu sais qu’en tant que footballeur, tu es ciblé. Tu as des réflexes à adopter. Tu vis un peu dans la crainte. Ce n’est pas qu’à Marseille, peut-être plus là-bas, mais moi, je me suis fait cambrioler trois fois en l’espace de six ans alors que je suis un mec qui fait vachement attention, qui ne laisse rien à la maison. Tu changes ton quotidien, tu vis avec cette crainte-là de te dire qu’à tout moment tu rentres chez toi et que, une fois de plus. Tu te sens violé dans ton intimité. Il y a des réflexes à adopter : tu fais attention à ne pas être suivi, tu ne mets rien d’ostentatoire quand tu sors. Ne pas mettre son nom sur la boîte aux lettres.
Juste avant qu’on parte en stage aux Pays-Bas avec l’OM, avant que je signe à Rennes. La veille, je rentre à la maison et il y avait un mec devant les boîtes aux lettres à côté de chez moi. Il était avec sa voiture. Je me suis renseigné, j’ai appelé un pote à moi pour savoir si ça puait ou pas. Au final, c’était un mec qui était connu des services de police, qui avait plus de 40 condamnations. En gros, tu pars le lendemain, tu laisses ta femme avec ton bout de chou pendant dix, douze jours donc obligé d’appeler une agence de sécurité pour un vigile non-stop jour et nuit pendant dix jours. C’est des trucs chiants. Ça fait partie du truc, mais pour moi, ça va un peu loin. Cette anxiété c’est un peu chiant et je pense que d’autres joueurs sont dans le même cas. Encore une fois, ce n’est pas qu’à Marseille, je parle de Marseille, car c’est mon expérience, mais ça arrive dans toutes les villes« , a-t-il confié.
OMÀ la recherche d’un nouveau directeur sportif, l’OM se prend un énorme stop !Un témoignage rare, courageux, et qui rappelle que derrière les paillettes du football professionnel se cachent des réalités bien plus sombres. On peut le comprendre.

