Invité de l’After Foot mardi en marge de la sortie de son livre Les jours d’après, Steve Mandanda (41 ans) s’est confié avec franchise sur sa concurrence avec Hugo Lloris en équipe de France.
Taulier des Bleus durant 14 ans malgré un temps de jeu réduit, Steve Mandanda a bouclé son immense carrière internationale avec 35 sélections. S’il fut propulsé numéro 1 par Raymond Domenech en 2008 après l’Euro, le portier formé au Havre a rapidement vu Hugo Lloris, passé par l’OGC Nice, l’Olympique Lyonnais, lui subtiliser la place de titulaire un an plus tard. L’actuel dernier rempart du Stade Rennais a profité de la promotion de son ouvrage à la radio pour analyser ce basculement hiérarchique survenu lors de sa période faste à la Commanderie.
Un manque de solidité mentale face à l’ascension de Lloris
Le gardien aux 613 matchs sous le maillot de l’Olympique de Marseille reconnaît aujourd’hui que la marche était haute pour conserver le statut de titulaire indiscutable à l’époque. Selon les informations relayées par RMC, le « Fenomeno » admet avoir eu des difficultés à assumer l’aspect psychologique du poste après quelques prestations moins abouties contre la Tunisie ou l’Argentine. La bascule définitive s’est opérée lors d’un match mythique du championnat de France, le célèbre 5-5 entre Lyon et Marseille, juste avant les barrages du Mondial 2010.
« Mentalement, je n’ai pas su être assez solide pour assumer ce rôle de numéro 1. Le coach décide de changer et je le vis mal parce que c’est un déclassement. A la Coupe du monde 2010, je me dis que c’est terminé parce qu’il fait le match de barrage contre l’Irlande. On se qualifie, il joue, il est n°1, pour moi, c’est terminé. »
Malgré cette situation, Mandanda assure n’avoir jamais nourri de rancœur envers son partenaire de Valdebebas lors des confrontations internationales. Il souligne la qualité de leur relation, basée sur un respect mutuel profond, même s’il avoue avec humanité avoir espéré une opportunité au tout début de son déclassement. Par la suite, il a accepté son rôle de cadre de vestiaire, participant activement aux échanges avec le staff technique.
« Malgré mon poste de numéro 2, j’avais un rôle important, j’étais dans les échanges et les discussions avec le coach. Avec Hugo, on est deux garçons assez intelligents et on a toujours bien vécu ensemble. Il y a vraiment un énorme et profond respect entre nous deux.«

