Mehdi Tahrat : « Porter le maillot algérien, c’est une grande responsabilité »

Ancien international algérien (19 sélections), Mehdi Tahrat connaît l’honneur et la fierté d’avoir pu porter la célèbre tunique des Fennecs. En pleine Coupe du Monde 2026, face à une Algérie encore en course pour sortir des poules, le défenseur de 36 ans se confie à Farid Rouas.

Quel est le souvenir le plus marquant que vous associez à ce maillot de la sélection algérienne ?
Le premier souvenir qui s’impose à moi reste ma première sélection. C’était un moment de joie immense, presque indescriptible, autant pour moi que pour ma famille. Il y avait une vraie fierté, très forte. Et puis il y a eu la première fois où j’ai porté ce maillot sur le terrain : ce sont des sensations à part. Porter le maillot de l’Algérie, quand on est Algérien, ce n’est jamais anodin. Il y a une dimension émotionnelle, un attachement profond qu’il est difficile d’expliquer avec des mots. Et bien sûr, je pense aussi à la victoire lors de la CAN 2019. Remporter un titre majeur avec la sélection, c’est quelque chose de très fort. On représente tout un peuple, en Algérie mais aussi partout dans le monde. À ce moment-là, on mesure encore davantage la portée de ce maillot et la fierté qu’il incarne.

Y a-t-il un détail du maillot qui, selon vous, incarne particulièrement l’âme des Fennecs ?
Pour moi, c’est clairement le blason. C’est la première chose que l’on regarde, presque instinctivement, parce qu’il est placé côté cœur. Il représente évidemment le drapeau, mais aussi tout ce qu’il y a derrière : l’histoire du football algérien, les générations qui nous ont précédés. Quand on entre sur le terrain, ce blason nous rappelle pourquoi on est là et pour qui on joue. Il y a des millions de supporters qui vivent chaque match avec passion, qui nous suivent partout. C’est une grande responsabilité, mais aussi une grande force. À mes yeux, c’est vraiment cet élément qui porte l’âme du maillot.

Quel moment, plus inattendu ou plus léger, illustre le mieux l’esprit de groupe chez les Fennecs ?
Dans une carrière, que ce soit en club ou en sélection, on partage énormément de moments avec ses coéquipiers, des très bons comme des plus compliqués. Mais en équipe nationale, tout est souvent plus intense, plus chargé émotionnellement. J’ai beaucoup de souvenirs en tête, mais celui qui me revient, c’est la veille de la finale de la CAN 2019. On s’apprêtait à disputer un match extrêmement important, et pourtant, on a su relâcher la pression. On a passé un très bon moment ensemble, à rire, à se détendre. Ce sont des instants qui ne se voient pas de l’extérieur, mais qui disent beaucoup sur la qualité d’un groupe. Et finalement, cette légèreté nous a fait du bien, puisque le lendemain, on est devenus champions d’Afrique.


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