« Upamecano ? Face aux grands joueurs, il sait toujours quoi faire »

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Ami d’enfance de Dayot Upamecano et Ousmane Dembélé, Resul Karaagac prend plaisir à remonter le temps pour raconter les plus beaux souvenirs partagés avec les piliers de l’équipe de France actuellement à la Coupe du Monde 2026. Il est interrogé par Farid Rouas.

Vous avez connu Dayot Upamecano à Évreux. À quel moment a-t-il franchi un cap physique ?
Sa progression a été très nette entre la fin des U13 et le début des U15. Il y a eu une véritable explosion, à la fois dans l’impact, les duels et l’intensité dans le jeu. Même nous, ses coéquipiers, avons été surpris par cette évolution soudaine.

Cette progression se voyait-elle déjà à l’entraînement ?
Oui, nous avions des séances de qualité avec de bons éducateurs. Dayot travaillait énormément et, en plus du cadre collectif, il n’hésitait pas à s’entraîner davantage pour progresser. À un moment donné, tout s’est accéléré.

À partir de quand avez-vous senti qu’il devenait injouable ?
En U15. À ce moment-là, plus personne ne parvenait à le dépasser. Il dégageait une détermination et une agressivité dans les duels qui faisaient la différence.

Un match vous a-t-il particulièrement marqué ?
Oui, une rencontre contre QRM (Quevilly-Rouen). Il avait été impressionnant : engagé, dominateur dans les duels, propre dans ses relances. Il jouait sans aucune appréhension.

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A-t-il toujours évolué en défense centrale ?
Oui, c’était son poste. Il lui arrivait seulement de monter en attaque lorsque le score était largement en notre faveur.

« Sa détermination et son impact physique ont marqué les observateurs »

Quel type de leader était-il dans le vestiaire ?
C’était quelqu’un de calme, concentré, plutôt discret. Mais il participait aussi à la bonne ambiance, il savait plaisanter. Nous étions un groupe assez vivant.

Avait-il une capacité particulière à se mettre dans sa bulle avant les matchs ?
Oui, dès qu’il entrait dans le vestiaire, il se recentrait. Il était très à l’écoute et sérieux. Son comportement a toujours été irréprochable.

Comment expliquez-vous sa réussite ?
Son parcours s’est structuré dès les U15, avec un essai concluant à Valenciennes, où il a confirmé son potentiel. Sa détermination et son impact physique ont marqué les observateurs. Ensuite, son départ à Salzbourg a été un tournant : tout s’est enchaîné à partir de là, jusqu’à son arrivée en Allemagne.

Son départ à l’étranger a-t-il été décisif ?
Oui, mais il ne faut pas oublier qu’il avait déjà validé des étapes importantes à Valenciennes. L’étranger a accéléré sa trajectoire.

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Est-il seulement un défenseur « dur », ou y a-t-il autre chose ?
C’est un défenseur très dur, mais surtout quelqu’un d’extrêmement déterminé. Lorsqu’il a un objectif en tête, il devient très difficile à arrêter. On l’a vu face aux plus grands joueurs : il sait toujours quoi faire.

Que ne sait-on pas de lui ?
C’est quelqu’un de très réservé. Il parle peu de lui-même ou de ses problèmes. Le football est pour lui une forme d’exutoire.

Peut-il devenir l’un des grands défenseurs de l’histoire des Bleus ?
S’il poursuit sur cette trajectoire, il a le potentiel pour marquer durablement l’équipe de France et s’inscrire dans la durée.

« Ousmane ne cherchait pas la complication mais éliminait avec facilité »

Étiez-vous plus proche de Dayot ou d’Ousmane ?
Je suis proche des deux. Je les connais depuis longtemps, et nous avons toujours gardé des liens forts.

Ousmane était-il déjà un talent à part à Évreux ?
Oui, c’était un joueur naturellement doué. Le football était instinctif chez lui, avec un énorme potentiel.

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Était-il déjà aussi à l’aise des deux pieds ?
Oui, dès le plus jeune âge.

Était-il difficile à défendre à l’entraînement ?
Oui, surtout parce qu’il détestait perdre. Lorsqu’il était en difficulté, il pouvait prendre le ballon et traverser tout le terrain pour faire la différence.

Quel geste vous impressionnait le plus chez lui ?
Ses crochets. Simples mais terriblement efficaces. Il ne cherchait pas la complication, mais éliminait avec facilité.

Son repositionnement, notamment au PSG, vous surprend-il ?
On voit qu’il est aujourd’hui très à l’aise. Il comprend mieux ses déplacements et son rôle. Ce n’était pas toujours le cas auparavant.

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Doit-il occuper le même poste en équipe de France ?
Cela mérite d’être testé. Dans l’axe, il touche davantage de ballons. Sur un côté, il peut parfois être moins influent.

A-t-il changé avec le succès ?
Non, il est resté le même. Même avec les distinctions individuelles, il conserve son humilité et sa simplicité.


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